top of page

Un chalutier pour base flottante : ski et croisière au Fjord de l'Éternité

À six heures, le café fume dans la timonerie et personne ne parle. Dehors, la lumière monte lentement sur des parois qui plongent droit dans l'eau noire, et un pan de glace se détache d'un glacier au fond du fjord — un craquement, puis le silence revient, plus épais qu'avant. On enfile les peaux dans la cabine, on vérifie le sac, DVA, pelle, sonde ; l'annexe attend contre la coque. C'est là que commence une journée de ski et croisière au Groenland : pas de télésiège, pas de route, rien qu'un bateau qui vous a portés dans la nuit jusqu'au pied de la montagne.


Le Fjord de l'Éternité, sur la côte ouest du Groenland, se rejoint par la mer depuis le petit port de Maniitsoq. C'est une des rares façons d'atteindre ces faces : les glaces qui dérivent, l'isolement, l'absence de tout accès terrestre en font un terrain où l'on skie du sommet jusqu'à l'écume, sans jamais croiser une trace autre que la sienne. Notre expédition ski & croisière y part en avril 2027, huit jours et sept nuits à bord.


Skieur en montée en peau de phoque au-dessus du Fjord de l'Éternité, Groenland, avec navire d'expédition au mouillage
Montée en peaux au-dessus du Fjord de l'Éternité, le bateau au mouillage tout en bas.

Le Fjord de l'Éternité, au départ de Maniitsoq


Maniitsoq est une bourgade posée sur un dédale d'îles et de chenaux, à mi-hauteur de la façade occidentale. C'est de là qu'on largue les amarres, cap au nord, avec une escale à Kangaamiut — un village inuit accroché à son rocher, quelques maisons de bois colorées et des chiens de traîneau qui hurlent au passage. Puis le fjord se referme sur nous. Les parois se resserrent, gagnent en hauteur, et l'eau devient noire au point qu'on n'en voit plus le fond.


Au bout, le glacier de l'Éternité descend jusqu'à la mer et vêle en silence, lâchant ses blocs de glace bleue qui dérivent ensuite le long de la coque. Les sommets, ici, s'élèvent droit depuis le rivage. Ce qui compte pour le skieur, c'est leur profil : des croupes effilées qui s'ouvrent en grandes faces, des couloirs qui tombent droit dans l'eau, et cette rareté d'un terrain où la descente ne s'arrête qu'au rivage.


Parois enneigées plongeant dans les eaux sombres du Fjord de l'Éternité, glace dérivante et navire d'expédition, côte ouest du Groenland
Notre chalutier se fraie un passage entre les montagnes, au pied des parois du fjord.

Le Terschelling, camp de base flottant


Le bateau s'appelle le Terschelling. Construit aux Pays-Bas en 1963 pour les garde-côtes néerlandais, il a été entièrement réaménagé en navire d'expédition, avec une coque renforcée pour la glace — de quoi remonter un fjord encombré de glaçons sans blêmir à chaque contact. On l'entend d'ailleurs, la glace, quand elle racle le bordé : un grincement sourd qui rappelle où l'on se trouve.


À bord, on est douze passagers, pas un de plus. C'est ce qui change tout. Le soir venu, au mouillage, le Terschelling redevient un refuge : la même table, les récits de la journée, la carte étalée pour deviner la ligne du lendemain, et le calme rassurant d'un bateau qui veille pendant qu'on dort. On n'est jamais loin de rien, parce qu'on emporte son propre gîte — il se déplace avec nous, d'un pied de face à l'autre, au gré de la neige et de l'état des glaces.


Une journée type, de l'annexe au rivage


Le matin, l'annexe nous dépose en terre inuit, sur une grève ou un replat de neige au pied de la montagne choisie. On chausse, on part en peaux. La montée se fait au rythme du groupe, conversions dans les pentes soutenues, lecture du manteau neigeux à mesure qu'on gagne de la hauteur — orientation, températures, ce que le vent a déposé la veille. Le pro qui encadre le groupe fait un sondage quand le doute s'installe ; certains jours, on renonce à la ligne prévue et on en prend une autre, plus sage.


Puis vient la descente. Depuis le sommet, on bascule sur des faces qui filent du sommet à la mer — de longues courbes dans la poudreuse froide, ou de la neige transformée bien reprise selon l'heure et l'exposition, jusqu'à ce que les skis touchent presque l'écume. Les journées enchaînent de belles descentes, sur des pentes soutenues sans être extrêmes. La neige change vite, ici, et la glace du fjord aussi : c'est un terrain qui se lit autant qu'il se skie.


Descente vers la mer : une grande face qui file jusqu'au miroir du fjord.

En terre inuit


Entre deux ascensions, on croise l'autre Groenland — celui des hommes. Maniitsoq et Kangaamiut vivent au bord du monde, discrets, tenaces, accrochés à leur rocher depuis des siècles. On y débarque le temps d'une escale, on échange trois mots, on regarde les traîneaux et les barques, et l'on repart avec le sentiment d'avoir effleuré une vie qui ne ressemble à aucune autre.


Le reste du temps, c'est le silence qui domine. Un silence arctique, dense, que rien ne meuble sauf le clapot contre la coque et, de loin en loin, le fracas d'un pan de glacier qui cède. La lumière, elle, n'en finit pas : en avril, les journées s'allongent vite, et l'on skie dans une clarté rasante qui dessine chaque relief. C'est cette ambiance polaire qu'on emporte en rentrant, autant que les descentes.


Maisons de bois colorées d'un village inuit, à l'aplomb d'un fjord encombré de glace.

Quel niveau, quand partir, comment s'y rendre


Ce voyage s'adresse à un skieur autonome, bon en hors-piste. Il faut savoir monter en peaux plusieurs heures, gérer sa fatigue sur six jours de ski, et se sentir à l'aise en descente sur des faces sérieuses par toutes neiges. Le groupe est encadré par un pro de la montagne — moniteur spécialisé hors-piste ou guide de haute montagne (UIAGM/IFMGA) selon le terrain — qui lit la neige, les glaces et décide du programme au jour le jour, indicatif par nature.


La fenêtre, c'est avril 2027 : les jours rallongent, le froid tient encore la neige, et la banquise ne bloque pas encore ces côtes. Le format est de huit jours et sept nuits, dont environ six de ski, au départ et au retour de Maniitsoq — desservie depuis la côte ouest du Groenland, elle-même reliée par l'Islande ou le Danemark. Le tarif démarre à partir de 8 500 € par personne, et les places sont rares : douze à bord, pas davantage. Pour poser une option, écrivez-nous depuis la page du voyage au Groenland ou par notre formulaire de contact.


Si l'idée d'un bateau pour seul remonte-pente vous parle, on tient le même fil ailleurs : l'expédition ski & voile au Svalbard, le ski de randonnée au Tröllaskagi en Islande — souvent l'étape par laquelle on rejoint le Groenland — ou, tout au sud, la croisière à ski en Antarctique. Pour préparer un séjour arctique, l'office Visit Greenland donne un bon aperçu des saisons et des accès. Toute la navigation d'expédition y suit un cadre précis, celui des règles de l'AECO, l'association des opérateurs de croisière d'expédition arctique.


Le mot du fondateur. Je skie hors-piste depuis 2001, et le Groenland reste l'un des rares endroits qui me remettent à ma place. Ici, on ne coche pas des sommets : on avance d'un mouillage à l'autre, on attend que la neige et la glace veuillent bien nous laisser passer, et on renonce sans discuter quand ça ne le sent pas. C'est ce que je cherche à offrir — pas un exploit, mais quelques jours passés à la juste vitesse de la montagne. — Boris, fondateur de PowderWeGo

En bref


  • Où : Fjord de l'Éternité, côte ouest du Groenland, au départ de Maniitsoq (escale à Kangaamiut).

  • Quand : avril 2027, 8 jours / 7 nuits (environ 6 jours de ski).

  • Le bateau : le Terschelling, ex-garde-côtes néerlandais de 1963, coque renforcée pour la glace, 12 passagers.

  • Le ski : montée en peau de phoque, descentes du sommet à la mer, sur des pentes soutenues.

  • Niveau : skieur autonome, bon hors-piste.

  • Tarif : à partir de 8 500 € / personne.


Questions fréquentes


Quand partir skier au Fjord de l'Éternité ? En avril. Les journées rallongent vite, le froid conserve encore la neige, et la banquise n'a pas refermé ces côtes — c'est la fenêtre où le fjord se rejoint par la mer. Notre expédition part en avril 2027, sur huit jours et sept nuits.


Quel niveau faut-il pour ce ski et croisière au Groenland ? Un bon niveau hors-piste et de l'autonomie. Il faut monter en peaux plusieurs heures, tenir six jours de ski et se sentir à l'aise en descente sur des faces sérieuses, par toutes neiges et sur des pentes soutenues.


Est-ce vraiment une expédition ? Oui. On vit à bord, on remonte un fjord isolé sans route ni secours à proximité immédiate, et le programme s'adapte chaque jour à la neige et à l'état des glaces. Le groupe est encadré par un pro de la montagne — moniteur spécialisé hors-piste ou guide de haute montagne (UIAGM/IFMGA) selon le terrain.


Comment se rend-on à Maniitsoq ? On rejoint la côte ouest du Groenland via l'Islande ou le Danemark, puis Maniitsoq, d'où le Terschelling largue les amarres. Le détail de l'acheminement se cale avec vous à la réservation.


Combien de skieurs à bord ? Douze passagers, pas un de plus. Le Terschelling est un ancien navire des garde-côtes néerlandais, construit en 1963 et réaménagé en navire d'expédition, avec une coque renforcée pour la glace.


Combien coûte l'expédition ? À partir de 8 500 € par personne. Les places étant limitées à douze, mieux vaut poser une option tôt.

 
 
 

Commentaires


logo-powderwego-blanc
logo-arva-blanc
logo-mdv-blanc
logo-aero-en-blanc-et-rouge
logo-prodbox-shows
bottom of page