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Cap sur le Nord : d'Akureyri aux premières pentes du Tröllaskagi

L'avion amorce sa descente et le hublot se couvre d'un décor qui n'a plus rien de l'aéroport que l'on vient de quitter. En dessous, la mer découpe la côte en langues bleu sombre, et derrière la piste d'atterrissage, des sommets blancs tombent droit dans l'eau. On n'est plus dans le Reykjavík urbain ni sur la lande volcanique du Sud. On est dans le Nord, celui qui skie, et le voyage vers le Tröllaskagi vient de basculer dans sa dernière ligne droite.


C'est souvent là, à cette minute précise, que les skieurs comprennent qu'ils ne sont pas venus pour une station. Rejoindre la péninsule des Trolls demande un peu de patience — un vol international, une correspondance, une route le long d'un fjord — et chacune de ces étapes ajoute une couche au plaisir. Voici comment on s'y prend, et pourquoi le trajet lui-même mérite qu'on le raconte.


Montagnes enneigées du nord de l'Islande plongeant dans un fjord bleu sombre
L'approche par les airs donne le ton : au nord de l'Islande, les montagnes tombent directement dans le fjord.

Keflavík, la porte d'entrée


Presque tous les vols long-courriers pour l'Islande se posent à Keflavík (KEF), l'aéroport international, à une quarantaine de minutes de route de Reykjavík. C'est le point de départ commun, que l'on arrive de Paris, de Genève, de Londres ou d'un vol transatlantique. On récupère ses bagages, on sent l'air changer — plus vif, plus salin — et la vraie question devient : comment monter dans le Nord.


Isavia, qui gère les aéroports islandais, publie les informations pratiques utiles pour préparer l'arrivée à Keflavík comme le passage vers les vols intérieurs. Cela vaut la peine d'y jeter un œil avant de partir, ne serait-ce que pour caler les temps de correspondance.


Deux chemins mènent ensuite au Tröllaskagi. L'un passe par les airs, l'autre par la route. Aucun des deux n'est une corvée ; l'un fait gagner du temps, l'autre offre l'un des plus beaux itinéraires routiers du pays.


Par les airs : la correspondance vers Akureyri


La voie la plus directe pour rejoindre le nord de l'Islande passe par un vol intérieur vers Akureyri (AEY), la capitale du Nord, posée au fond de l'Eyjafjörður. Ces vols décollent en général de l'aéroport de Reykjavík-ville (RKV), plus central que Keflavík — il faut donc prévoir un transfert entre les deux, ce qui se fait aisément par la route.


Le vol lui-même est court, de l'ordre de trois quarts d'heure, et il vaut le détour à lui seul. On survole les hautes terres intérieures, les glaciers, puis l'appareil s'engage dans l'Eyjafjörður et longe une paroi de montagnes avant de se poser presque au bord de l'eau. Peu d'atterrissages donnent d'emblée une telle envie de chausser.


Selon la période et l'année, il arrive que des liaisons saisonnières facilitent l'arrivée dans le Nord ; les horaires évoluent d'une saison à l'autre, et c'est le genre de détail que nous vérifions et calons pour chaque groupe au moment de construire le voyage. L'idée n'est pas de vous laisser jongler avec les correspondances — on s'en occupe.


Par la route : la Ring Road vers le Nord


L'autre option a ses fidèles, et je les comprends. Rejoindre Akureyri depuis Reykjavík par la Route 1, la fameuse Ring Road, c'est traverser l'Islande dans sa largeur, à travers des paysages qui changent toutes les demi-heures : plateaux battus par le vent, cols enneigés, vallées où fument des sources chaudes, hameaux plantés au bord de l'eau.


C'est une longue route — de l'ordre de cinq heures dans de bonnes conditions — mais c'est aussi le meilleur moyen de sentir l'échelle du pays et d'arriver dans le Nord en ayant déjà « lu » l'Islande. Au printemps, la neige est encore présente sur les hauteurs, et les conditions de route peuvent varier vite d'une journée à l'autre.


Avant de prendre le volant en cette saison, le réflexe est de consulter SafeTravel.is, le portail officiel islandais dédié à la sécurité en voyage, et l'administration routière (Vegagerðin) pour l'état des routes en temps réel. Météo et conditions changent parfois en quelques heures dans cette partie de l'île. Cela dit, la plupart de nos skieurs privilégient l'avion pour préserver leurs jambes et arriver frais : garder la route en tête reste utile pour comprendre où l'on met les pieds.


Le dernier tronçon : d'Akureyri au lodge


Une fois à Akureyri, il reste une belle route de campagne pour gagner le lodge, quelque part sur la péninsule des Trolls. On quitte la ville, on longe le fjord, on croise des fermes isolées et des villages de pêcheurs aux toits colorés, avec toujours, sur la gauche ou sur la droite, ces sommets qui montent d'un trait depuis le rivage.


C'est le transfert qui fait mentir tous ceux qui pensent que « rejoindre » un lieu est une perte de temps. Ici, chaque virage donne à voir une ligne possible, un couloir, une face qu'on aimerait chausser dès le lendemain. Le décor de la semaine se dessine sous vos yeux avant même d'avoir sorti les peaux.


Le lodge privé accueille de petits effectifs — deux groupes qui se croisent, jamais la foule. On y pose ses bagages, on repère la salle à sécher les affaires, on sent l'odeur du dîner qui se prépare. Dehors, la lumière du Nord s'étire tard dans la soirée à cette période de l'année. C'est le moment où le voyage cesse d'être un trajet et devient un séjour. Ce séjour, nous l'organisons de bout en bout : notre séjour d'héli-rando au Tröllaskagi en donne le détail complet.


Quand poser ses valises — et pourquoi arriver la veille


La règle d'or de tout voyage de ski au bout du monde vaut aussi ici : on arrive la veille du premier jour de ski, jamais au dernier moment. Un vol long-courrier, une correspondance, une route : cela laisse toujours une marge d'imprévu, et personne n'a envie d'entamer la première montée en peaux le teint gris et les bagages en retard.


Arriver avec une soirée d'avance, c'est se coucher tôt, laisser le corps s'installer dans la lumière du Nord, et se réveiller prêt. La saison sur le Tröllaskagi court de mars à fin mai, avec un cœur en avril-mai : jours qui rallongent, neige de printemps qui se travaille bien, et ces fenêtres où le soleil reste haut assez longtemps pour enchaîner les courses. Sur le choix précis des dates, nous détaillons tout cela dans notre article dédié à la meilleure période pour skier le Tröllaskagi.


Le ski qui vous attend


Au réveil, le rythme du séjour prend forme. On skie en héli-rando : l'hélicoptère assure un accès, une dépose depuis une zone à une vingtaine de minutes du lodge, puis on monte à ses propres jambes, en montée en peaux, jusqu'au point de bascule. L'hélicoptère n'est qu'une clé qui ouvre des terrains autrement hors d'atteinte ; le cœur du séjour, c'est le ski de randonnée — le silence de la montée, l'espace autour de soi, et le plaisir d'une descente que l'on est seul à tracer.


Les groupes restent petits, quatre skieurs, cinq au maximum, encadrés par un professionnel de la montagne diplômé — moniteur spécialisé hors-piste ou guide de haute montagne selon le terrain. Et la récompense a de quoi rester en mémoire : sur le Tröllaskagi, on démarre souvent d'une crête et l'on descend jusqu'à voir la mer grandir devant soi. C'est tout le sujet de notre pilier consacré à l'héli-rando du sommet à l'océan, qui raconte ce que l'on vient chercher ici.


Skieurs en montée en peaux au-dessus d'un fjord du Tröllaskagi
Montée en peaux au petit matin : sur le Tröllaskagi, presque chaque course laisse le fjord en ligne de mire.

Skieur en descente dans la poudreuse de printemps face à l'océan, Tröllaskagi
La descente vers l'océan, signature du Tröllaskagi.

Le nord de l'Islande n'est pas la porte à côté, et c'est précisément ce qui en fait le prix. Le vol, la correspondance, la route le long du fjord : chaque étape éloigne un peu plus des stations bondées et rapproche d'un terrain que peu de skieurs voient. Le jour où le hublot dévoile ces montagnes plongeant dans la mer, on sait qu'on a bien fait de venir jusqu'ici.


Pour organiser votre venue — vols, correspondances, transferts et dates — écrivez-nous : nous construisons le trajet avec vous, de l'atterrissage à la première trace. Parlons de votre séjour au Tröllaskagi.

 
 
 

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