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Le cône parfait au bout des peaux : le mont Yotei par Makkari

Il fait encore nuit quand on descend de la voiture au Yotei Nature Park, côté Makkari. Le froid pince, sec, celui des matins d'anticyclone après une semaine de tempêtes. On lève la tête : le cône est là, dessiné net contre un ciel qui pâlit, énorme et calme. C'est le genre de matin qu'on attend toute la semaine à Niseko. Pas de vent, une neige qui a eu le temps de se poser et de se tasser un peu, un ciel qui promet de tenir. On chausse les peaux au pied du volcan, on serre les boucles, et on part.


Le mont Yotei — Yōtei-zan, 1 898 mètres — domine tout le paysage depuis le domaine de Niseko United. On l'appelle l'Ezo-Fuji, le Fuji d'Hokkaidō, et il suffit de le regarder une fois pour comprendre : un stratovolcan au cône presque parfaitement symétrique, seul au milieu de sa plaine, avec la même silhouette que l'affiche de carte postale. La plupart des gens le contemplent depuis les télésièges d'Annupuri, de l'autre côté de la vallée. Nous, on va monter dessus.


Le cône du mont Yotei dominant la plaine enneigée de Makkari au lever du jour
Le premier regard du matin, depuis le départ à Makkari. Le cône entier, d'un seul tenant, jusqu'au sommet.

Une course, pas une performance


Disons-le d'emblée : le Yotei par Makkari est la journée sommet optionnelle de notre safari freeride de janvier. Optionnelle, et conditionnée. On ne la programme que quand la fenêtre s'ouvre — ciel dégagé, manteau stable, visibilité franche. Le reste de la semaine, on skie la forêt de bouleaux et les portes du backcountry autour de Niseko, où la poudreuse tombe presque tous les jours. Le Yotei, lui, se mérite un matin précis.


Et même ce matin-là, le vrai objet de la journée n'est pas le point coté à 1 898 mètres. C'est la montée elle-même, le cône qui grandit sous les peaux, la lumière qui change à mesure qu'on gagne de l'altitude. Le sommet plein, on le prend quand il se donne. Il ne se donne pas toujours. Un skieur qui redescend depuis la Terrace avec une belle combe sud sous les skis n'a rien raté du tout — il a fait la course. Le sommet est la cerise, pas le gâteau.


Carte de l'itinéraire de la voie Makkari sur le mont Yotei : montée en peaux et descente par la combe sud
La voie Makkari, versant sud : montée en peaux, la Terrace, le sommet, la combe de descente.

Dans les bouleaux jusqu'au Southern Knob


La voie Makkari attaque le versant sud. Depuis le Yotei Nature Park, on entre d'abord dans la forêt. Les premiers virages de montée en peaux se font entre les bouleaux, à plat d'abord, puis dans une pente qui se redresse doucement. La neige, ici, est protégée du vent : elle reste froide et légère, celle des tempêtes de la mer du Japon qui frappent Hokkaidō au cœur de l'hiver.


On grimpe régulièrement jusqu'au Southern Knob — le 南コブ, vers 650 mètres — un premier ressaut qui sert de repère à tout le monde sur cette voie. On souffle, on retire une couche, on regarde derrière : déjà la plaine s'ouvre, les toits de Makkari rapetissent. C'est là qu'on prend le rythme de la journée, cette cadence lente et régulière qui va durer trois bonnes heures.


File de skieurs en montée en peaux dans la forêt de bouleaux vers le Southern Knob
La montée en peaux dans les bouleaux, entre le départ et le Southern Knob. On prend le rythme du cône pour de longues heures.

Passé la bifurcation de Minamikobu, la forêt s'éclaircit. Les bouleaux se font plus rares, plus tordus, puis disparaissent. On sort dans le grand versant ouvert du cône, et c'est un tout autre monde : plus de repères d'arbres, juste la pente régulière qui file vers le haut et le ciel immense au-dessus. La pente devient une longue conversion après l'autre.


La Terrace, vers 1 300 mètres


Vers 1 300 mètres, le terrain s'aplanit brièvement sur un replat que tout le monde ici appelle la Terrace. C'est le grand point de décision de la course. On s'arrête, on mange quelque chose, on observe.


De la Terrace, on voit tout : Niseko United en face, l'Annupuri et ses pistes, la vallée entière, et par temps clair, la mer au loin. On sent aussi ce que fait le manteau neigeux plus haut, comment le vent a travaillé le cône, si les couteaux vont être utiles. Beaucoup de skieurs choisissent de rebasculer d'ici — et c'est un excellent choix. La descente depuis la Terrace dans la combe sud est déjà une magnifique récompense : mille bons mètres de dénivelé, une combe pleine, la plaine qui monte à votre rencontre.


Skieur souriant à la Terrace du Yotei, la plaine d'Hokkaidō en contrebas
La Terrace, vers 1 300 m. Le point où l'on décide : basculer ici, ou pousser vers le haut du cône.

C'est ici qu'on lit vraiment la montagne. Une grande course volcanique comme le Yotei se respecte : on regarde le ciel, on teste la neige, et on accepte de renoncer. Sur ce terrain, savoir lire et savoir renoncer vaut mieux que n'importe quelle envie de sommet. C'est exactement la culture qu'on cultive dans nos safaris.


Le haut du cône, aux couteaux


Pour qui pousse au-delà de la Terrace, le haut du cône change de nature. La pente se raidit, le vent a souvent damé et durci la neige, et les couteaux — parfois les crampons — deviennent nécessaires. Chaque conversion demande un peu plus d'attention. On monte plus lentement, plus concentré, en écoutant ses skis mordre.


Et puis le terrain s'arrondit. On atteint le point haut de la course, vers 1 800 mètres, sur la lèvre du grand cratère qui coiffe le volcan. Le sommet plein à 1 898 mètres se gagne en contournant, quand la météo et la neige le permettent. Quand on y arrive, le monde s'ouvre à 360 degrés : la plaine d'Hokkaidō dans toutes les directions, Niseko minuscule en contrebas, la mer du Japon, les autres volcans posés sur l'horizon. On reste peu — il fait froid là-haut, et la meilleure part de la journée est encore à venir.


Skieurs en haut du cône du mont Yotei devant un large panorama
Le haut du cône, quand la fenêtre s'ouvre. Le sommet est une récompense conditionnée — jamais une obligation.

La descente : la combe sud d'un seul tenant


On retire les peaux, on referme les boucles, on se retourne une dernière fois. Et on bascule.


La grande combe sud se descend d'un seul tenant, ou presque. On enchaîne le haut du cône — là où la neige a été travaillée, où il faut skier propre et lire le terrain — puis on retrouve, en perdant de l'altitude, la neige plus froide et plus profonde des versants abrités. Les bouleaux réapparaissent, d'abord épars, puis en forêt franche. Les virages s'allongent, la poudreuse revient sous les skis, et on se laisse porter jusqu'au replat du départ, cuisses qui brûlent et sourire idiot.


Cinq heures environ, aller-retour. Quatre de montée, une de descente. Neuf kilomètres et demi, mille à mille cinq cents mètres de dénivelé selon d'où l'on bascule. C'est une belle et grande journée, à hauteur d'homme, sans autre matériel que des skis, des peaux et de quoi lire la montagne.


Skieur en poudreuse dans la combe sud du Yotei, la neige qui vole
La combe sud, pleine, jusqu'à la plaine. La récompense de toute montée sur le Yotei.

Où le Yotei prend sa place


Le Yotei n'est pas une sortie isolée. Il vit dans une semaine complète autour de Niseko, où l'on skie chaque jour la poudreuse et les portes du backcountry de Niseko avant de guetter la fenêtre du volcan. C'est aussi le même geste — peaux, cône, descente pleine — que le mont Furano en ski de rando, l'autre grand volcan qu'on skie sur Hokkaidō. Et si l'on veut savoir quand tout cela s'aligne, c'est-à-dire quand la neige tombe le plus légère, tout se joue pendant les semaines de Japanuary.


Le mont Yotei fait partie du parc national de Shikotsu-Tōya, et la région de Niseko est bien documentée par l'Office national du tourisme japonais. Pour la nivologie honnête d'une grande course volcanique, le Japan Avalanche Network publie des bulletins que nous lisons chaque matin sur place.


Skier le Yotei avec nous


Sur notre safari freeride d'Hokkaidō, le mont Yotei est l'ascension en option, pour qui veut le sommet — le beau matin qu'on attend en skiant la poudreuse le reste de la semaine. On chausse au pied du cône, on monte à son rythme, et on prend le sommet quand il se donne.


Découvrez le programme complet du Ski Safari Hokkaidō et parlons de la fenêtre qui vous conviendra.

 
 
 

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