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Le Spitzberg à ski, quand le soleil ne se couche plus

Fin mai, à 78° nord, le soleil tourne au-dessus de l'horizon sans jamais le toucher. On skie l'après-midi, on skie le soir, on skierait la nuit si les jambes suivaient. Le Spitzberg à ski, c'est ça : une expédition à la voile dans le Svalbard, où la montagne tombe droit dans la mer et où le voilier vous amène au pied de faces qu'aucune route ne dessert. Voilà comment se déroule un voyage de ski-voile au Spitzberg, et ce qu'il faut savoir avant de larguer les amarres.

Skier une île qui n'a presque pas de routes


Le Svalbard tient sur une carte comme une poignée d'îles jetées entre la Norvège et le pôle Nord. Le Spitzberg en est la plus grande, la seule habitée pour de bon, et l'essentiel s'y résume à un port : Longyearbyen. Une route s'arrête à quelques kilomètres de la ville. Après, il n'y a plus rien à ski que la neige, les glaciers et l'eau glacée des fjords.


C'est ce qui rend l'archipel si singulier à skier. Sans téléski, sans piste, sans même un chemin, la seule façon d'atteindre les montagnes est de venir par la mer. On embarque sur un voilier qui devient un camp de base flottant, et chaque matin dépose au pied d'un sommet différent. Vous montez en peaux depuis la plage, vous basculez de l'autre côté d'une arête, et la descente file jusqu'au rivage où le zodiac attend. Peu d'endroits au monde offrent une telle terre de ski vierge, et encore moins à cette latitude.


Une file de skieurs monte en peaux au-dessus d'un fjord où mouille un voilier rouge, glacier et sommets au fond.
Le voilier reste au mouillage en bas ; la montée en peaux part de la plage, vers un sommet le plus souvent vierge.

Pourquoi fin mai, et pas avant


La saison de ski au Spitzberg est courte et se lit dans la lumière. De la fin avril à la mi-août, le soleil ne se couche plus : c'est le soleil de minuit, un jour qui dure des mois. Mais la neige, elle, ne suit pas tout à fait le même calendrier.


Trop tôt dans le printemps, le froid tient encore la neige d'hiver et les journées, bien que longues, restent rudes. Fin mai, l'équilibre bascule : le soleil a assez chauffé pour transformer la neige de printemps sans la ruiner, les fjords intérieurs se libèrent peu à peu de la banquise, et la lumière qui ne s'éteint jamais offre des journées de ski sans horaire. On part quand la neige est bonne, on rentre quand la faim l'emporte sur l'envie — parfois à des heures qui n'ont plus grand sens.


C'est la fenêtre que PowderWeGo retient pour le Spitzberg : la dernière quinzaine de mai, quand le grand Nord réunit la neige, la lumière et l'accès aux fjords en même temps.


EN BREF — l'expédition ski-voile au Spitzberg Saison · la dernière quinzaine de mai Latitude · 78° nord, sous le soleil de minuit Niveau · bon skieur hors-piste, autonome, à l'aise sur plusieurs jours Montée · 3 à 6 h par jour en peaux, 600 à 1 200 m de dénivelé Hébergement · à bord de la goélette Noorderlicht, cabines partagées Groupe · douze skieurs au maximum, quatre professionnels de la montagne Sécurité · sac airbag, DVA, pelle & sonde, veille ours, briefing quotidien Départ · Longyearbyen (vols via Oslo ou Tromsø)

Un voilier rouge mouille dans un fjord calme sous un ciel rose de nuit polaire, montagnes enneigées à l'horizon.
Minuit passé, le soleil rase l'horizon sans se coucher : le fjord vire au rose autour de la Noorderlicht.

Comment se déroule une journée


Le rythme suit la neige et la météo, jamais une montre. Une journée type ressemble à ceci.


Au réveil, briefing sur le pont : état de la neige, vent, itinéraire choisi pour le jour. Le zodiac dépose ensuite le groupe au pied de la montagne, sur une plage de galets ou un bout de rivage encore pris par les glaces. Commence alors la montée en peaux, trois à six heures vers un sommet le plus souvent vierge, avec des dénivelés de 600 à 1 200 mètres selon le terrain et le groupe. En haut, le panorama porte sur un chaos de pics et de fjords bleus jusqu'à l'horizon. Puis la descente plonge vers la mer sur une neige de printemps qui a mûri toute la journée, parfois jusqu'à retrouver le zodiac les spatules dans l'eau.


Le soir, la goélette lève l'ancre et gagne le mouillage du lendemain pendant que l'on dîne. Dehors, la lumière n'a pas bougé — et rien n'empêche de rechausser après le repas si l'envie prend. Beaucoup le font, au moins une fois, juste pour skier à une heure où, partout ailleurs, il fait nuit noire.


Un skieur trace une pente raide au-dessus d'un fjord arctique sous une lumière bleue de fin de journée.
Neige de printemps transformée, la pente file droit vers l'eau : on redescend jusqu'au bateau.

Skier en territoire d'ours polaires


Le Spitzberg est un territoire à ours polaires, et cela change la façon dont on skie. C'est une réalité de terrain, qui se gère par des règles claires plutôt que par la peur.


Hors de Longyearbyen, la réglementation du Svalbard impose de disposer d'un moyen de protection contre les ours. Le guide porte une carabine, non pour s'en servir mais pour n'avoir jamais à le faire : la première ligne de défense reste la vigilance, la lecture du paysage et un pistolet de détresse à effet dissuasif. À bord comme à terre, une veille est tenue, et l'itinéraire de la journée intègre toujours ce paramètre. On ne skie pas au Spitzberg comme dans les Alpes ; on skie au rythme d'un lieu qui appartient d'abord à sa faune.


Des skieurs débarquent d'un zodiac au pied d'une montagne enneigée, un voilier au mouillage derrière dans la brume.
Cinq minutes de zodiac entre le pont et les galets — la carabine du guide fait partie du décor, au pays des ours.

À bord de la Noorderlicht


Le voilier n'est pas un confort accessoire : c'est le camp de base, et son tirant d'eau décide des fjords où l'on peut mouiller. Au Spitzberg, PowderWeGo affrète la Noorderlicht, une goélette à deux mâts lancée en 1910, coque acier et étrave renforcée, taillée pour se faufiler dans les glaces du Svalbard depuis plus d'un siècle.


Douze skieurs à bord, quatre professionnels de la montagne, un équipage qui connaît ces eaux, et des cabines partagées où l'on dort au mouillage, bercé par le clapot du fjord. Le pont sert de terrasse d'observation, de vestiaire à peaux et de salle des cartes. On vit dehors autant que dedans, parce qu'à cette saison le dehors ne s'éteint jamais.


Un groupe se retrouve sur le pont en bois d'une goélette à la lumière rasante, montagnes enneigées derrière.
Le pont sert de terrasse : au mouillage, on se retrouve à la barre, un verre à la main, face aux montagnes.

À qui s'adresse cette expédition


Le ski-voile au Spitzberg demande un bon skieur hors-piste, autonome et capable d'enchaîner les journées. Pas un compétiteur : quelqu'un qui skie proprement une neige qui change, qui tient trois à six heures de montée plusieurs jours de suite, et qui aime autant l'éloignement et le silence que le dénivelé.


L'endurance et l'aisance en descente comptent plus que la performance pure. La montée en peaux, elle, s'apprend vite. Quant au mal de mer, il inquiète souvent plus qu'il ne gêne : les navigations se font surtout de nuit, au mouillage ou le long des côtes abritées, et les estomacs sensibles s'habituent en général dès la première nuit.


Ceux qui reviennent du Spitzberg en parlent rarement en termes de sommets. Ils parlent de la lumière qui ne tombe jamais, du silence après la montée, d'un fjord traversé sans croiser âme qui vive. C'est cela que l'on vient chercher ici, et c'est cela qu'on ne trouve nulle part ailleurs.


Le mot du guide Ce qui me tient au Spitzberg, ce n'est pas la difficulté : c'est le moment où l'on coupe les moteurs du zodiac au pied d'une face que personne n'a skiée cette saison, et où il ne reste que le bruit de nos peaux sur la neige. On avance au rythme de la montagne et de la mer, jamais l'inverse, et si le jour n'est pas le bon, on renonce sans discuter. Nous serons à vos côtés, du premier échange à la dernière descente.

Un skieur, skis sur le sac, contemple un sommet effilé au-dessus d'un glacier arctique.
Une arête vierge de plus en face : de quoi remplir la journée du lendemain.

FAQ — ski au Spitzberg


Faut-il savoir naviguer pour skier au Spitzberg ?


Non. L'équipage gère entièrement le voilier ; les skieurs n'ont aucune manœuvre à connaître. On embarque pour skier, pas pour naviguer.


Quand skier au Spitzberg ?


La dernière quinzaine de mai. La neige de printemps est alors transformée sans être ruinée, les fjords se libèrent de la banquise, et le soleil de minuit offre des journées de ski sans fin.


Y a-t-il des ours polaires ?


Oui, le Svalbard est un territoire à ours polaires. La réglementation impose un moyen de protection hors de Longyearbyen : le guide porte une carabine et une veille est tenue en permanence. La vigilance et le choix des itinéraires restent la première sécurité.


Quel niveau de ski faut-il ?


Il faut être un bon skieur hors-piste, autonome et à l'aise sur une neige changeante, capable d'enchaîner 3 à 6 heures de montée plusieurs jours de suite. Pas besoin d'être un compétiteur.


Comment se rend-on au Spitzberg ?


On rejoint Longyearbyen en avion, généralement via Oslo ou Tromsø. C'est là que l'on embarque sur la goélette pour toute la durée de l'expédition.


Skier le Spitzberg avec nous


L'expédition ski-voile au Spitzberg se skie fin mai, sur la Noorderlicht, sous le soleil de minuit. Les dates et le programme se construisent avec vous.



Le ski-voile vous attire mais le Spitzberg vous paraît lointain pour une première fois ? Deux autres voyages ouvrent la même porte, à d'autres latitudes.



Pour aller plus loin : le cadre des opérations d'expédition arctiques par l'AECO et le bulletin d'avalanche norvégien Varsom.


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